Axelle Stephane

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dimanche 31 mai 2009

Morceaux choisis : le troisième chapitre



Un extrait de chaque chapitre tous les mois... Pour mai, voilà, in extremis, celui du troisième chapitre intitulé "03. j’assume mon orientation sexuelle".

"Parfois, un déclencheur peut permettre de briser des barrières plus rapidement. C’est ce qu’a vécu Isabelle il y a quelques années : « J’avais sympathisé avec une femme d’une trentaine d’année à la piscine. On se voyait toutes les semaines. Pour moi, c’était évident qu’elle était lesbienne et j’avais envie de partager ce qu’on avait en commun. Je lançais sans cesse des perches sur les filles qui nous entouraient. Elle ne les relevait jamais. Je me sentais mise à l’écart. Un jour, alors que nous nagions sur des lignes différentes, je lui ai lancé : “ si tu ne veux pas changer de bord, au moins, change de ligne ! ” Ça a déclenché la discussion ! J’en ai profité pour lui faire mon coming-out. C'est alors qu’elle m’a rejetée hyper fort. Elle n’a plus voulu me parler pendant des semaines. Elle est finalement revenue me faire une déclaration d’amour. J’étais sans voix. J’ai compris qu’elle ne savait pas qu’elle était homo. Je l’avais en quelque sorte révélée à elle-même. Comme je ne souhaitais pas
sortir avec elle, j’ai coupé court en mettant de la distance entre nous. Six mois plus tard, je l’ai croisée main dans la main avec une fille. »

Cette histoire est un cas typique d’homophobie intériorisée. Lorsque le désir de la fille de la piscine perçait ses barrières intérieures et qu’elle en devenait consciente, il devait lui paraître sale, pervers et anormal. Incapable de l’exprimer, elle préférait alors le taire et le repousser au plus profond. Aussi quand Isabelle, la reconnaissant comme lesbienne, a voulu partager avec elle ce point commun, elle a été rejetée. La fille de la piscine a peut être aussi pensé qu’Isabelle la draguait en lui faisant son coming-out, d’où sa réaction de rejet. Ce rejet a d’ailleurs été d’une grande violence pour Isabelle confrontée pour la première fois à une manifestation d’homophobie intériorisée. Finalement, toutes les deux ont appris de cette expérience, l’une sur son désir profond et l’autre sur la puissance des interdits intériorisés.

(...)

Les hétérosexuels sont bien entendu concernés par cette homophobie. Il n’est pas rare qu’une fille comme Alice s’entende dire « je ne te voyais pas du tout homo » ou « je te verrais trop bien avec un mec ». De prime abord, cela paraît plutôt sympathique, mais cela suppose qu’il y a un type de lesbienne et qu’une jolie fille devrait être avec un garçon. Cela signifie aussi que les autres présupposent qu’Alice est hétérosexuelle. Dans un monde idéal, personne ne devrait présumer de l’orientation sexuelle des autres. Alice dit souvent : « Le jour où on me demandera si je suis avec quelqu’un plutôt que si j’ai un petit copain, alors nous aurons avancé. » C’est rarement ce qui se passe aujourd’hui.

Une façon d’envisager les choses est de considérer que nous jouons tous des rôles dans notre vie, mais que cela ne nous empêche pas de garder une identité constante. Si vous êtes plutôt féminine, vous serez considérée comme hétérosexuelle, et c’est toujours un peu difficile de faire son coming-out à chaque fois, quand bien même vous assumez tout à fait votre orientation sexuelle. Autant réagir en fonction des circonstances sans culpabiliser si vous ne démentez pas systématiquement les suppositions. Parfois, mieux vaut s’abstenir. Parfois, mieux vaut attendre que les autres vous connaissent un peu plus. Vous êtes la plus à même de juger de la situation."

La suite à lire dans Les Filles ont la peau douce, disponibles dans TOUTES les libraires gays est lesbiennes de France (ok, juste les trois de France, mais bon, c'est déjà ça), chez lez girls de Tours, à l'Alcôve à Nantes, chez Ménage à trois à Montréal et sur mon blog via priceminister... Je cherche toujours des librairies pour le distribuer...


lundi 20 avril 2009

Morceaux choisis : le deuxième chapitre

Un extrait de chaque chapitre tous les mois... Pour avril, voilà celui du deuxième chapitre intitulé "02. je couche avec une fille".

(...) Après tout, les premières des caresses sont bien la voix et le regard. Rien de tel qu’un compliment sincère ou un regard chargé de désir pour procurer du plaisir. Les poètes l’ont bien compris : « Tout vrai regard est un désir » a écrit Alfred de Musset dans Poésies posthumes. Si vous le sentez, dites à votre partenaire combien vous la trouvez belle, idem pour certaines parties de son corps qui vous touchent (si c’est la vérité bien sûr).

Exprimez ce que vous pensez. L’important est d’être sincère et fidèle à soi-même (sinon c’est de la manipulation). Imaginez l’effet que cela produit chez vous lorsqu’une fille vous dit combien vous êtes sexy à ses yeux. De telles paroles créent en vous un sentiment de confiance et de bien-être, un état parfait pour aller vers plus de plaisir.

(...)

Les seins sont souvent la seconde zone érogène (après les lèvres) sur laquelle vous focalisez votre attention. Et vous avez raison car c’est effectivement une zone érogène importante. Nadia l’a appris lors de ses premières caresses au hammam : « Alors que j’étais plus jeune, je partais souvent avec ma famille l’été au bled en Algérie. J’adorais retrouver le hammam. Ma cousine et moi, nous y rendions souvent. Un jour, alors qu’elle me massait le dos, je lui décrivais en détail mes complexes physiques, mon corps qui changeait… Tout naturellement, elle me corrigeait. Ce jour-là, elle finit par me dire combien elle me trouvait belle. C’est alors que j’ai senti ses mains de plus en plus insistantes, les minutes aussi moites que l’air était chaud. Elle les a lentement descendues sur mes seins. Mes mains ont rejoint les siennes. Je l’ai dirigée ; nos corps se sont mêlés dessus, dessous, à la recherche de l’autre, à la découverte de soi et du plaisir. J’en garde un souvenir très ému. »

Ah les premières fois inoubliables…

Mais passons à la pratique : comment devenir une pro de la caresse des seins ? (...)

La suite à lire dans Les Filles ont la peau douce, disponibles dans TOUTES les libraires gays est lesbiennes de France (ok, juste trois mais bon, c'est déjà ça) et sur mon blog via priceminister...

samedi 14 mars 2009

Morceaux choisis : le premier chapitre

Comme promis, un nouveau morceau choisi du livre.

Celui-ci est un sous-chapitre extrait du premier chapitre "01.Je suis attirée par une fille" et s'intitulant "Faire le premier pas" :

" Pour Nadia, habituée des bars lesbiens, « les filles sont capables de passer des heures, des jours et même des mois à fantasmer sur une fille sans oser lui parler alors qu’un mec foncera plus facilement. Il se fera souvent jeter mais, au moins, il aura tenté sa chance. » Étant donné la forte pression sociale (et souvent familiale) à être douce et patiente, les filles n’ont pas l’habitude de faire le premier pas. Dans une relation héterosexuelle, c’est presque un faux pas d’ailleurs. Aussi n’est-il pas étonnant que la séduction ne soit pas « naturelle » pour de nombreuses filles.

Il n’est ainsi pas rare que les filles se détournent lorsque leur voisine sexy leur jette un regard évocateur, sans parler des techniques maladroites de drague. Nadia a de nombreuses histoires à ce sujet :« La dernière fois que je suis allée en boîte, j’ai eu la totale. Une fille avec qui j’échangeais des regards depuis une heure s’est approchée de moi et m’a marché sur les pieds en s’excusant rapidement sans pour autant enchaîner la discussion. Une autre m’a brusquement saisi l’épaule des deux mains pour me demander l’heure et idem, en s’arrêtant là. Une dernière m’a fait danser un rock qui a manqué de me faire perdre un bras. Je n’imagine même pas ce que cela aurait été au lit avec ces filles…
Ce n’était pas ma soirée. »

Entre filles, les rôles sont moins évidents que dans une relation hétérosexuelle. Il existe moins de représentations sociales concernant leur attribution, « c’est à lui de faire le premier pas » par exemple. Les relations entre filles peuvent ainsi être à la fois plus équilibrées, souples et variées. Le revers de la médaille est le manque de repères dans des situations comme la séduction. Souvent, cela conduit à reproduire les attitudes les plus stéréotypées. Isabelle l’exprime très clairement : « J’entends souvent des filles dire que la façon dont elles draguent est différente de celle des garçons. Mais à chaque fois que je leur demande de me donner des exemples, elles me décrivent des attitudes masculines, comme dire à une inconnue dans la rue qu’elle est belle, aborder une fille en l’enlaçant sans même lui parler, ou encore tenter d’embrasser une fille clairement réticente en pensant qu’elle aimera. »

Se donner le droit à l’initiative dans un processus de séduction n’est pas facile. Cela peut aboutir à des attitudes maladroites comme celles qui sont décrites par Isabelle et Nadia. Comme toute construction sociale, il est possible de déconstruire ce que l’on pense inné alors que c’est de l’acquis. C’est pourquoi la séduction, ça s’apprend. Les hommes le font beaucoup par imprégnation tout au long de leur vie. Quant à nous, c’est souvent un processus plus conscient (et c’est une chance aussi). "

Ensuite, je vous raconte comment séduire en trois étapes... Si ça vous intéresse, allez vite acheter le livre