Après un tour aux portes ouvertes de la fédération sportive gay et lesbienne
à l'espace des Blancs Manteaux à Paris, je suis passée aux Mots à la Bouche
acheter un livre, et voilà que je constate que mon livre est entouré de
nouvelles voisines. Petite photo pour illustrer.
Et mention spéciale pour les démonstrations de sport de la FSGL avec une
équipe de basket particulièrement sympathique, la démo d'une championne de
roller, l'incroyable softball en miniature et la danse de salon à 6. Et je n'ai
pas tout vu !
L'année dernière au salon du livre, mon petit Thomas est passé me voir sur
mon petit stand. Je lui ai signé un petit autographe (le deuxième, il avait
déjà ma première édition) et je lui ai souhaité avec un grand sourire de le
voir l'année suivante pour son livre. Et devinez quoi ? Il était là en 2011avec
son pavé fantaisiste et fantastique, la Cité noire.
J'écoute Chic Gamine en vous écrivant ce petit billet, plus précisément à
l'instant 08_Tristesse_Suspendue.m4a.
Il me tardait d'écrire sur mon blog mais que dire ? Mon éditeur vient de me
m'informer qu'il ne restait que 700 exemplaires en stock sur les 3000 de la
réédition des filles ont la peau douce. Vous êtes vraiment incroyables
! Merci pour votre soutien ! J'ai même des marque-pages maintenant
(distribution à la gay pride de Paris prévue).
What's next ? Je voulais assister à un atelier d'écriture chez Violette and
Co il y a quelques mois mais le temps a filé... Il paraît que c'était très bien
en tout cas. La prochaine fois j'en suis ! Patricia, une lectrice, vient de
m'écrire qu'elle cherchait un livre afin d'expliquer l'homosexualité féminine à
son fils de 10 ans. Sa compagne et elle n'ont trouvé que des livres pour plus
petits ou plus grands. Un livre pour enfant, oui, c'est l'un de mes projets,
mais si on veut que le petit le lise avant son adolescence, il faut les aider.
Qui a une lecture à leur conseiller ? Allez un petit effort ? Moi j'ai beaucoup
aimé HS d'Isabelle Chaillou mais c'est plus un livré de pré-ado. Enfin, je
crois...
Je viens d'achever la lecture d'une biographie de Virginia Woolf piochée au
hasard dans une bibliothèque parisienne, après avoir dévoré Mrs
Dalloway et surtout Orlando, chef d'œuvre de fluidité, entre les
époques, les lieux et l'identité de genre.
J'avais bien aimé le film The Hours mais j'étais loin de me douter
de la qualité littéraire des œuvres de Virginia Woolf et de sa facilité à
écrire sur des amours entre femmes. Si quelques passages m'ont parfois semblé
un peu trop lyriques, je la place désormais dans mes auteures préférées et me
réjouis par avance de lire ses autres ouvrages... même s'il paraît qu'Orlando
est une œuvre iconoclaste dans la bibliographie de Virginie Woolf, cette femme
qui parfois entendait parler les oiseaux en grec et en avait peur.
Selon la biographe Phillys Rose, Virginia Woolf n'avait pas "ce
sentiment profond et inébranlable de sa propre valeur que l'on rencontre chez
les gens qui ont été prodigieusement désirés et aimés dans leur enfance".
Cela me semble un peu simpliste. Qui s'est toujours senti prodigieusement
désiré et aimé ? Toujours est-il que dans cette bibliographie on apprend,
entre autres, que Virginia Woolf - autodidacte comme toutes les femmes de sa
génération - avait une chambre à elle, une rente, une famille aisée
fréquentant de grands écrivains et un mari aimant et protecteur. Elle s'est
suicidée à 60 ans voulant échapper à une nouvelle crise de folie qu'elle
sentait prête à l'emporter.
Restons sain d'esprit... tant que faire se peut.
Bon week-end ! Un temps à rester sous la couette...
Je ne lis pas souvent les gratuits du matin ; je ne savais même pas qu'il y
avait une section courrier du cœur... Enfin, j'ai lu celui-là au milieu des
messages d'héteros et l'ai trouvé mignon.
"Depuis que j'ai croisé ton regard, ton sourire ne cesse de me hanter.
J'ai eu la chance de danser un zouk avec toi sur un air de la Compagnie
créaole, mais ma timidité ne m'a pas permis d'aller au-delà. Tu es une très
belle métisse, et moi une charmante Antillaise. Nous nous sommes croisées le 31
octobre au soir au Tango. J'aimerais faire plus ample connaissance."
Madinina972
Comme quoi, il n'y a pas qu'au Klub qu'on danse le zouk entre filles à
Paris.
Après Cineffable, c'est le FFGLP ou festival de films gays, lesbiens, trans et ++++ de
Paris. Rien de bien incroyable ces derniers temps en matière de films
lesbiens, sauf le The Kids Are All Right et LOVE/OTHER, The Story
of Claude Cahun and Marcel Moore que j'ai bien aimés. Donc c'est encore la
loterie pour ce festival. Je serai aux courts lesbiens de dimanche après-midi
et après on verra... Si vous êtes dans le coin et que vous voulez une dédicace
sauvage, envoyez moi un mail et on pourra se croiser.
Rien de telle que la lecture ! Je n'ai pas encore lu le dernier Ann Scott. J'avais beaucoup
aimé Superstar en 2002. Qui a lu A la folle jeunesse ? Vous le
recommandez ?
Alors que je prenais un verre samedi après-midi avec une amie, je lui parlais
de ma semaine quand soudain elle me sort :
- mais tu ne mets plus à jour ton blog ? Qu'est-ce qui se passe ?
et moi de lui répondre :
- Bah je ne sais plus trop quoi raconter d'intéressant. Mon livre est sorti
(deux fois) et je n'arrive pas à écrire le roman dont j'avais l'idée. Du coup,
je ne sais plus trop quoi raconter de neuf.
- Oui mais je suis sure qu'il y a plein de filles comme moi qui aiment lire ton
blog et attendent de nouveaux billets.
- Ah bon ? Tu crois vraiment ?
Bon je vous fais grâce de la suite de notre conversation. Toujours est-il que
oui j'ai quand même quelques nouveaux trucs à vous raconter, comme le fait que
j'aurai bientôt de nouveaux marque-pages (yep !). J'attends la livraison par
mon éditeur. Quand j'avais sorti la version auto-éditée en février 2009, les 1
000 que j'avais fait imprimés étaient partis très vite. Donc voilà une deuxième
chance pour les personnes intéressées. C'est pas grand chose mais ça fait
toujours plaisir (personnellement, j'aime beaucoup ceux de Violette and
Co).
De plus aujourd'hui et demain, à Paris, c'est Cineffable en
version courte (2 jours) à l'espace Reuilly 21 rue Hénard dans le 12ème
(Montgallet ou Dugommier en métro). Pas de Trianon cette année car il a été
racheté et est en travaux... Pour les artistes parmi vous, je vous invite
à participer au concours d'affiche ou à celui du scénario pour l'édition 2011
de Cineffable. Tout est sur leur site (et pas besoin d'être parisienne).
Allez, à bientôt pour plus de nouvelles. Gardez le flux RSS des filles ont la
peau douce dans vos favoris
La semaine dernière, une lectrice m'a demandé quelques compléments sur mon
chapitre sur la rupture, plus précisément comment amener le sujet de la
rupture quand on vit avec sa copine. Comme je suis en période de
post-rupture, cette demande m'a interpellée. De plus, le chapitre sur la
rupture a été le plus difficile à écrire (et le dernier). A l'époque, j'avais
eu un petit début d'histoire avec une fille qui sortait d'une relation et ne se
sentait pas d'être avec quelqu'un d'autre. Cela m'avait un peu inspiré. J'ai eu
de brèves nouvelles la semaine dernière : elle a un nouveau boulot et une
copine enceinte de 8 mois et demi. La vie va vite parfois (première généralité
sur la vie). Bon c'était fin 2006 quand même cette historiette. Alors vite,
c'est vite dit.
par Al Martin
Comment amener à la rupture ?
Après ce message d'espoir (?), alors comment amener la rupture ? Eh bien, le
mieux, je pense, c'est de commencer à réfléchir d'abord pour
soi aux raisons qui nous poussent à penser à la rupture et une fois
qu'on est au clair, de voir si les choses peuvent être améliorées, si on a
envie soi-même qu'elles s'améliorent et si on pense que c'est possible. Est-ce
qu'il y a des causes structurelles ? Est-ce à nous de changer ou à l'autre ?
Aux deux ? A-t-on envie de changer dans l'absolu (pour soi
plus que pour l'autre) ? C'est le plus difficile je trouve.
Ensuite si les réponses sont oui, on en parle avec la personne
avec qui on vit. Elle sentira que la rupture est au bout du chemin si rien ne
se passe... qu'elle se l'avoue ou non. A ce moment-là, on peut tout réparer et
repartir ensemble heureuses afin de continuer une belle relation qui fait
grandir tout le monde, renforçant chacune dans l'amour de
l'autre et de soi-même. Savoir s'ouvrir sans blesser l'autre, choisir les bons
mots, et pas ceux au fer rouge, se remettre en question, pouvoir changer,
vouloir changer, c'est beaucoup et c'est bien peu au regard de tout ce qu'on
peut vivre ensuite de beau, généreux et magnifique, magique parfois.
Et si c'est non, alors, pourquoi ne pas commencer par amener
le sujet en parlant de ce qui ne va pas ? De ce qu'on ne ressent plus ? De ce
qu'on ne tolère plus ? De ce dont on a besoin, de ce qu'on attend de la
relation mais qu'on ne trouve pas ou plus ? Des moments où l'autre nous a
blessée, parfois sans s'en rendre compte ? Du manque de respect que l'on a
perçu à certains moments ? De ce qui est important pour nous dans la relation ?
Des choix personnels qui nous éloignent l'une de l'autre ? Comme le retour aux
études ou à un projet personnel jaloux et accaparant ?
par Francois Morellet
Honnêteté et générosité
Encore une fois, le plus difficile il me semble, c'est de savoir ce que
l'on veut pour soi, ce dont on a besoin dans une relation amoureuse et
de ne pas avoir peur non plus de se retrouver célibataire. On peut être
amoureuse et ne pas trouver son compte dans une relation. Et si on quitte
l'autre, soyons à l'écoute de ses besoins et essayons d'y répondre
généreusement, histoire de se regarder dans une glace après en
étant fière de la façon dont a agi même si on a forcément fait des dégâts... à
toutes les deux... On peut dire "je t'aime" des centaines de fois alors
pourquoi ne pas répéter je te quitte deux ou trois fois ? Je t'ai quitté, j'ai
fermé mon cœur et je ne reviendrai pas. Prendre le temps d'expliquer. C'est
possible d'être ferme sans être insensible à la douleur, la sienne et celle de
l'autre. Se remettre en question aussi est important, pour soi. Il est
certain que ce n'est pas entièrement en raison de l'autre que l'on se sépare.
Reconnaître qu'on a fait des erreurs, les verbaliser et les comprendre... On
peut être soi même tout en prenant soin de l'autre et en agissant de façon à
lui faire plaisir sans pour autant perdre de son intégrité et être moins
forte.
Que des mots
Évidemment, ce ne sont que des mots.
par Gwenaelle Pledran
La douleur, la tristesse et la déception prennent corps, nous font courber le
dos, baisser les yeux, tomber les larmes, sans répit ; les beaux souvenirs nous
enivrent et nous font perdre le sens de l'orientation ; on imagine des projets
qui n'existaient pas, plus ; le chemin est tortueux, plein de ronces de tous
les côtés, à peine évitée, en voilà une autre qui nous écorche, profondément
parfois ; à trop lutter, on s'écroule, à trop se lamenter, on se liquéfie, à
aimer sans retour, on se perd.
Quand on vit avec l'autre
Il y a des choses justes et respectueuses à faire lorsqu'on
rompt avec quelqu'un, et bien amener le sujet en fait partie, qu'on vive avec
l'autre ou non. Alors merci à cette lectrice de m'avoir posé la question. Bien
sûr, quand on vit avec l'autre, il faut aussi penser aux aspects matériels en
amont (où vivre ? qui garde l'appart ? est-ce qu'on est au clair sur qui
possède quoi ? quel-le-s ami-e-s peuvent nous soutenir ? etc.). C'est encore
plus compliqué quand on possède un appartement ou qu'on a des enfants
ensemble... J'en ai un tout petit peu parlé dans mon livre (cf. pages 178 et
179).
Des notes pour accompagner
Et la musique dans tout ça ? Bah oui, moi, j'écoute le dernier album
d'Amy McDonald,A Curious
Thing. C'est triste et rythmé. Je croyais que
c'était une personne qui avait bien baroudé et souffert, sa voix me semblait
pleine de souvenirs graves et d'authentiques peines de cœur. Aussi
lorsque j'ai découvert que c'était une petite jeunette, ma tête a-t-elle
oscillé de gauche à droite en accéléré. La vie est pleine de surprises
(deuxième généralité sur la vie). Voilà deux chansons post-rupture.
La première parle d'une relation à peine entamée qui ne peut pas s'arrêter si
tôt. Qu'on soit avec quelqu'un depuis 4 mois, 3 ans ou 10 ans, n'a-t-on pas
parfois l'impression que cela vient juste de commencer ?
Don't tell me that it's over by Amy McDonald
Ensuite, et c'est plutôt positif (car c'est la deuxième chanson de l'album),
tout va bien. It's ok. Bon on a un peu l'impression que la chanson
parle de quelqu'un qui est mort mais c'est surement mon mauvais esprit qui
parle.
I'm ok now (the spark) by Amy McDonald
Vous avez compris donc : d'abord le regret et la douleur et après tout va bien.
Parfois, ça va vite, vite. Parfois, ça traine et ça traine... Mais comme m'a
dit une belle personne à propos de sa rupture, "c'est un gros truc mais
c'est pas tout le truc". Ah le truc...
Nos baisers sont souvent des adieux
Enfin, pour rester dans
l'ambiance, le dernier Nina Bouraoui Nos baisers sont des adieux est
terrible.
Je l'ai lu la semaine dernière.
Toujours très allusif, ce roman laisse planer le mystère sur la part de fiction
et d'autobiographie.
Frustrant et beau.
Personnel et universel.
Répétitif et nouveau.
Mention spéciale pour un passage sur l'amour, source de joie et de jouissance
mais aussi de blessures du cœur.
Chacune ses pansements et ses onguents.
Discussion à cœur ouvert dans les commentaires si le vent vous y
pousse...
Alors je suis allée au ciné me changer les idées. Après l'Arnacoeur,
très bel hymne à l'hétérosexualité, drôle, attendu mais réussi, surtout pour
les fans de Vanessa Paradis, j'ai fait un petit tour du côte de Tout ce qui
brille. Petit film avec un couple de lesbiennes invisibles. Une de mes
meilleures amies y est allée avec sa copine et est passée à côté.
Incroyable !
Petit film donc, bien balancé, attachant et touchant. Tout ce qui
brille mérite le détour. Les dialogues sonnent justes. Je me suis un
peu retrouvée dans l'attraction pour les paillettes qu'ont les deux
protagonistes, dans le dialogue sur les lapins de Porte Maillot aussi (c'est
vrai, j'en ai vu une fois !), sur l'envie de plaire à des personnes vaines et
futiles qui n'en valent pas la peine et sur les folies de soirées. Le
personnage de coach sportive m'a fait penser à ma coach (non je blague mais
elle est très forte aussi). A voir donc !
Et Soul Kitchen aussi. On voit brièvement deux filles s'embrasser donc pas
d'intérêt lesbien mais une histoire qui donne la pêche !
Et en parlant de paillettes, une journaliste du magazine Cosmopolitan m'a
contactée : elle cherche depuis trois mois (!) un couple de lesbiennes pour sa
rubrique. L'idée est de raconter comment on a rencontré sa chérie. Photo
à l'appui. Elle a tout fait. Elle a lu mon livre. Elle est allée voir la
Lesbienne invisible d'Océane Rose Marie (très bon spectacle). Elle a fait appel
à Têtue et rien ! Je relaye donc son appel. Si vous êtes motivées, envoyez-moi
un courriel.
Sinon, j'ai eu une petite brève dans Elle.fr . On peut jouer aux jeux des erreurs. Il y en a
deux... Il faut avoir lu le livre pour les trouver. Alors ?
Vous pouvez aussi commander des tee-shirts les filles ont la peau douce. Design by Sarah Calas. Modèles rares. 25 euros avec frais de port Un clin d'œil et une moyen discret de vous faire reconnaître par d'autres lesbiennes ! Si vous le voulez, c'est juste ici. Délai entre 3 et 6 semaines maximum (on essaye de faire moins mais c'est du fait maison donc ça prend du temps).
Tous les billets de ce blog sont la propriété exclusive de l'auteure. Toute reproduction (hormis une brève citation en précisant la source et l'auteure) sans l'autorisation expresse de l'auteure est interdite.
Pour m'écrire, c'est
axelle[at ] axellestephane.fr