Interview dans la Dixième Muse, version longue
Par Axelle le mardi 3 mars 2009, 20:16 - Les interviews - Lien permanent
© Bonsai Foi sur
http://gallerynucleus.comEh oui, comme certaines de vous l'ont surement lu, j'ai eu droit à ma petite interview dans la Dixième Muse de mars/avril ! Après une brève sur Têtue, c'était la bonne surprise du mois ! Un grand merci à Christelle Lagattu (responsable, entre autres, des pages culture) car je sais que les places sont rares. L'interview a été condensée et comme vous êtes nombreuses à m'avoir posé certaines questions qui figurent dans la version longue de l'interview, je vous la livre ci-dessous.
Peux-tu tout d'abord me présenter ton livre en quelques mots...
Bien sûr. C’est un guide qui mêle des témoignages et des conseils pour les lesbiennes sur des thèmes aussi divers que la séduction, le sexe entre filles, le coming-out, la vie à deux etc. Dans mon introduction, je recense quelques unes des questions auxquelles ce guide répond comme « comment rencontrer une fille ? », « comment savoir si je lui plais ? », « c’est comment de faire l’amour avec une fille ? » ou encore « dois-je le dire à ma famille ? » Mon objectif, c’est que ce guide se lise comme un roman. C’est pourquoi j’ai inventé trois personnages de filles que l’on suit tout au long du guide et dont les histoires - tirées de mon expérience et de mes entretiens avec d’autres lesbiennes - illustrent les idées qui sont présentées. Par exemple, quand je parle des techniques de drague, les filles racontent leurs expériences, les bonnes et les mauvaises.
Comment t'es venue l'idée d'écrire ce guide ?
Lorsque j'ai commencé à sortir avec des filles, j’ai eu envie de lire un guide
sur les relations entre lesbiennes, et surtout sur le sexe. En dehors de
quelques clichés, je n'avais jamais entendu parler du sexe entre lesbiennes. Or
je voulais pimenter mon quotidien sans pour autant me lancer dans le
sado-masochisme dès le deuxième rendez-vous. C'est pourquoi j'ai cherché,
cherché et encore cherché pour ne rien trouver qui corresponde à mes envies, y
compris à San Francisco que j’imaginais fourmillant de livres comme je les
rêvais. J'ai donc pris ma plume. Comme le souligne avec justesse Marie-Jo
Bonnet dans sa préface, c’est parce que ce genre de livre n’existait pas que
j’ai voulu l’écrire.
Comment se sont passés l’écriture, les contacts avec la maison
d’édition, les premières réactions de lectrices ?
Pendant quatre ans, par intermittence, j'ai écrit et interviewé des filles du
milieu ou hors milieu, jeunes ou âgées, lesbiennes précoces ou tardives, et
même quelques filles et garçons hétéros... Mon guide s'est alors transformé en
voyage émotionnel sans pour autant perdre son contenu sexuel. Toutes les
rencontres que j’ai faites au cours du travail de rédaction m’ont beaucoup
apporté personnellement et m’ont permis d’enrichir le guide de témoignages et
d’idées dépassant ma propre expérience.
Ensuite, quand j’ai senti que le guide était prêt, je l’ai envoyé à plusieurs
maisons d’éditions, généralistes et gays et lesbiennes. Du côté des éditions
généralistes, les réponses (quand j’en ai eu) m’on fait penser aux lettres de
refus pour un emploi : « candidature intéressante mais ne répondant pas à nos
besoins ». Cela ne m’a pas trop surprise car mon guide n’est pas très formaté
par rapport au « marché de l’édition ». En revanche, côté éditions gays et
lesbiennes, j’ai eu des retours positifs et encourageants de la part d’Anne et
Marie Rambach des Editions gays et lesbiennes à une époque où leur maison
d’éditions traversait une période difficile. Catherine Allex de La Cerisaie m’a
aussi donné quelques conseils. Finalement, j’ai eu une proposition d’un jeune
gay qui lançait sa maison d’édition fin 2007. Pour faire bref, j’ai signé mais
cela ne s’est pas passé comme prévu et il a mis la clef sous la porte.
Du coup, j’ai décidé de mettre mes économies dans le projet et de le mener
moi-même jusqu’au bout. Marie-Jo Bonnet, que j’admire beaucoup, a accepté de
m’écrire la préface du livre, Galou et Blan se sont montrés très enthousiastes
à l’idée d’illustrer le guide avec le personnage de La p’tite Blan qu’ils ont
créé et Laure Thonier, une copine graphiste, a mis toute sa créativité au
service de la mise en page. Côté imprimeur et informations sur le monde de
l’édition, de nombreuses personnes m’ont conseillée, notamment l’équipe de SOS
Homophobie qui venait de publier son Enquête sur la lesbophobie. J’ai fini par
prendre le même imprimeur qu’eux, au fin fond du Quercy…
En décidant d’être ma propre éditrice, j’ai eu l’impression de sauter en
parachute. C’était simple (on tombe) et flippant (on ne sait pas comment on va
atterrir). À ce stade, je sais que j’ai réussi - avec l'aide de nombreuses
copines et de quelques copains que je remercie chaleureusement - à créer un
guide qui pourra aider un grand nombre de filles. J’ai tout fait pour qu'il ne
soit pas trop cher, tout en étant beau et agréable à lire. Et d’après les
premiers retours, c’est plutôt bien perçu. J’espère que cela continuera.
Maintenant, il faut le vendre et c’est la partie la plus difficile car comme je
suis auto-éditée, je n’ai pas de réseau de distribution.
Les libraires de Violette and Co à Paris m’ont fait confiance et m’ont invitée
à présenter mon livre le 11 février dernier, ce qui m’a permis de commencer à
être un peu connue dans le milieu. Mais, mon livre n’étant en vente qu’à Paris
chez Violette and Co et aux Mots à la Bouche et sur mon blog
www.axellestephane.fr, ce n’est pas suffisant pour écouler mes 1000
exemplaires. C’est pourquoi je cherche d’autres librairies, des associations,
des bars ou des personnes qui m’accueilleraient pour présenter et vendre mon
livre.
Pourquoi ce titre ?
Ah le titre ! Alors, ce livre est un vrai caméléon : il a eu plusieurs titres
et plusieurs couvertures pour finalement se fixer sur « Les filles ont la peau
douce » avec une couverture de La p’tite Blan qui plane. Au départ, cette
mention de la peau douce ne figurait que comme trait d’humour dans mon
introduction : je me demandais si toutes les filles avaient la peau douce au
même titre que comment on faisait l’amour avec une fille alors que ça n’avait
pas grand-chose à voir. C’était une question que je m’étais posée après avoir
embrassé une fille pour la première fois. Et petit à petit, de nombreuses
filles me confirmant cette sensation, ce titre s’est imposé. J’ai bien sûr eu
quelques débats sur sa pertinence car il renforce un cliché sur les femmes.
Mais il faut le prendre avec humour. Ce n’est pas parce que j’utilise ce titre
que je pense que toutes les filles ont la peau douce, ni qu’elles devraient
toutes l’avoir.
Est ce que tu as déjà écrit, publié quelque chose ? As-tu des projets
d'écriture ou dans d'autres domaines ?
C’est mon premier livre et j’ai des idées pour le deuxième. Mais je souhaite
déjà faire connaître mon guide avant de me lancer dans d’autres projets. Si je
peux écrire dans des magazines ou des journaux, pourquoi pas ? Mais ce n’est
pas mon objectif premier. Je vais en tout cas tenir mon blog à jour et peut
être y publier quelques nouveaux textes (je pensais notamment à écrire
l'histoire de la rencontre des trois filles de mon livre, Nadia, Isabelle et
Alice) si la demande est très forte. Alors, à vos claviers les filles si cela
vous intéresse !
